Soirée spéciale avec Jeanne Favret-Saada

Rencontres

Soirée spéciale avec Jeanne Favret-Saada

au cinéma le Bourguet


Date

sam. 17 octobre 2026

à 17h30

Tarif du cinéma

Le cinéma le Bourguet et la librairie la Carline formulent une invitation à l'anthropologue Jeanne Favret-Saada pour un temps d'échange autour de son livre L'impossible famille Rivière - Retour sur un triple meurtre en 1835 (éd. Gallimard / coll. Bibliothèque des Sciences humaines), qui suivra la projection du film Moi, Pierre Rivière (René Allio / 1976).


Présentation du livre (par l'éditeur)

Le 3 juin 1835, un jeune paysan normand, Pierre Rivière, égorge sa mère, sa sœur et son frère avant de s’enfuir. Arrêté le mois suivant, il rédige, dans l’attente de son jugement, un Mémoire d’une cinquantaine de feuillets pour expliquer son geste. Condamné à mort, puis gracié, c’est-à-dire emprisonné à vie, il se suicide dans sa cellule en 1840.
De cette affaire, il nous reste ce Mémoire très détaillé, redécouvert au début des années 1970 par Michel Foucault qui, entouré d’une petite équipe, en produisit l’édition. Jeanne Favret-Saada avait participé à cette entreprise éditoriale, qui se refusait à toute interprétation savante pour laisser la pleine page au jeune homme.


Dans le présent ouvrage, l’anthropologue revient sur ce qui s’est joué en 1835 – des élites donnant la parole à un « subalterne » que son acte jugeait d’avance –, mais en s’attachant au fond de l’affaire : quelle suite d’événements a conduit Pierre Rivière à ce triple meurtre ?
Contre l’interprétation qui réduit ce Mémoire à un discours psychotique, elle propose qu’on le soumette à une enquête qui conjoigne l’ethnologie et l’histoire. Elle examine ainsi les vingt-deux ans d’une vie familiale impossible, Victoire Rivière ayant refusé d’emblée la plupart des devoirs de l’épouse. Le mariage était alors régi par le Code civil napoléonien, pleinement confirmé par la coutume locale en matière de domination masculine. L’analyse serrée des péripéties rapportées par l’assassin montre alors les raisons de son geste meurtrier.


Le film : Moi, Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...

Le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un jeune paysan normand de vingt ans, égorge à coups de serpe sa mère, sa soeur Victoire et son jeune frère Jules. Il prend la fuite et erre plusieurs semaines dans les bois avant de se faire arrêter. A peine emprisonné, le meurtrier, que la plupart des témoins décriront comme un garçon au comportement étrange, voire sous les traits d'un idiot, entreprend la rédaction d'un épais mémoire, texte d'une stupéfiante beauté, véritable autobiographie dans laquelle il expose les raisons qui l'on conduit à son geste : délivrer son père des " peines et afflictions " que lui faisait subir son épouse depuis le premier jour de leur mariage...

Criminel monstrueux ou " pauvre " fou ? Le débat opposera longtemps magistrats et psychiatres.


Après une agrégation de philosophie, Jeanne Favret-Saada enseigne à l'université d'Alger puis elle entre au laboratoire d'ethnologie et de sociologie de l'université Paris X-Nanterre. A partir de 1969, elle étudie sur le terrain la sorcellerie paysanne dans le bocage de l'Ouest français, qui lui inspirera l'ouvrage de référence Les mots, la mort, les sorts (1977), puis Corps pour corps, son journal de terrain publié avec Josée Contreras (198), e enfin Désorceler (2009).

Depuis les années 1990, Jeanne Favret-Saada travaille sur des polémiques publiques à enjeux religieux. Elle est directrice d'études honoraire à l’École pratique des hautes études.