
L'épris littéraire
Julien Leschiera
Le Dilettante - 2025
Le narrateur de L'Épris littéraire se laisse entraîner dans l'appartement où vit reclus un authentique clone de Marcel Proust. Rien ne manque : calfeutrage, tisane, paperolles éparses, physique déconfit, quintes de toux et mobilier d'époque. L'endroit se visite comme une étape touristique dont il devient un habitué. Mais c'est vers Céleste, digne copie de la bonne de la Recherche, que notre narrateur, un romancier aussi charitable qu'en panne d'inspiration, ne tarde pas à braquer ses regards.
Julien Leschiera nous sert sur un plateau un petit théâtre de la cruauté en exhibant l'asservissement psychique d'un individu consentant. Le récit étreint le lecteur avec l'inexorable patience d'un sable mouvant, l'appétit effroyable du boa qui engloutit la chèvre.
Ça commence comme ça:
"Quand j'ai retrouvé David, ce soir-là, dans ce bar ou nous avions nos habitudes, il était entouré de deux types. Je n'aimais pas ce genre de rencontres imprévues, qu'il m'imposait souvent, et j'ai aussitôt ralenti le pas pour détailler ces invités indésirables. J'ai reconnu le visage du premier, sans parvenir à me souvenir de son nom. C'était le nouvel éditeur de David, un trentenaire aussi brillant qu'agaçant..."
Un écrivain en mal d'inspiration se laisse entrainer dans un appartement où vit reclus un clone de Marcel Proust, qu'on visite comme un objet de musée. Il revient plusieurs fois, inexplicablement attiré par l'endroit et les personnages qui l'habitent. Incapable de résister à l'attrait de la bonne, Céleste, il délaisse peu à peu sa propre vie, et continue de se "laisser entrainer", parce que c'est toute l'histoire de sa vie...
Un joli livre entre humour grinçant sur le monde des lettres et mélancolie d'une société épuisée.
"Quand j'ai retrouvé David, ce soir-là, dans ce bar ou nous avions nos habitudes, il était entouré de deux types. Je n'aimais pas ce genre de rencontres imprévues, qu'il m'imposait souvent, et j'ai aussitôt ralenti le pas pour détailler ces invités indésirables. J'ai reconnu le visage du premier, sans parvenir à me souvenir de son nom. C'était le nouvel éditeur de David, un trentenaire aussi brillant qu'agaçant..."
Un écrivain en mal d'inspiration se laisse entrainer dans un appartement où vit reclus un clone de Marcel Proust, qu'on visite comme un objet de musée. Il revient plusieurs fois, inexplicablement attiré par l'endroit et les personnages qui l'habitent. Incapable de résister à l'attrait de la bonne, Céleste, il délaisse peu à peu sa propre vie, et continue de se "laisser entrainer", parce que c'est toute l'histoire de sa vie...
Un joli livre entre humour grinçant sur le monde des lettres et mélancolie d'une société épuisée.