Le Livre de Kells

Le Livre de Kells

Sorj Chalandon

Le Livre de Poche - 2026

9782253256991

Kells, c'est moi. Gamin enfui de Lyon à dix-sept ans pour ne pas être dévoré par son Minotaure de père, raciste et antisémite. Enfant fragile devenu chien des rues, luttant pour sa survie pendant un an, seul à Paris, sans rien d'autre pour dormir que les bancs, les caves d'immeubles, les paillassons des derniers étages. Un paumé qui se faisait appeler Kells, en référence à un Évangéliaire irlandais du IXe siècle, une merveille celtique. Et puis un jour, sorti de la misère, accueilli, logé, nourri, instruit, aimé, armé, je me suis réconcilié avec l'humanité.  Le Livre de Kells est aussi l'histoire d'une jeunesse engagée et d'une époque violente. J'y ai changé des patronymes, quelques faits, parfois bousculé une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée.  S. Ch.  Récit d'un homme qui se cherche, se perd et se fabrique, Le Livre de Kells prolonge la plongée dans l'intime d'un écrivain qui sait comme peu d'autres tendre un miroir à nos âmes. Élise Lépine, Le Point.  De sa liberté à la naissance de Libération, en passant par la faim, le froid, la honte et l'engagement, l'ouvrage retrace trois ans de Chalandon, jouant comme souvent avec un faux nez qui ruse et qui masque, mais ne trahit pas. Pierre Corneille, Lire magazine.  Prix Roman News Publicis Drugstore-Les Échos week-end 2025. 
Coup de cœur
Ça commence comme ça :
"- Tiens, prend ça mon fils, tu en auras besoin.
Elle l'avait cherché du regard, partout, dans la salle des pas perdus, tournant la tête comme un oiseau inquiet. Ma mère, son front soucieux, ses yeux délavés par le temps.
Elle se méfiait. Elle vérifiait que l'Autre ne l'avait pas suivie.
L'Autre, c'est comme ça que j'appelais mon père."

Sorj Chalandon raconte ici une enfance violentée, qui trouve refuge dans la rue et l'utopie, puis dans l'engagement politique effervescent des années 70. Il dévoile un parcours, toujours très incarné, sans jamais céder au pathos ni enjoliver le milieu militant post-68. Quel plaisir de découvrir les coulisses de la Gauche prolétarienne sous sa plume !