Pleines de grâce
Gabriela Cabezón Camara, Guillaume Contré
10/18 - 2021
9782264079015
Le jour où Qüity, ambitieuse journaliste de Buenos Aires, entend parler de Cleopatra, une travestie qui a renoncé à la prostitution à la suite de l'apparition de la Vierge Marie, elle se dit qu'elle tient le sujet de l'année. Mais sa vie va radicalement changer quand elle va se trouver irrésistiblement attirée par l'objet de son article, la captivante Cleo, et se faire embarquer dans le projet fou de cette dernière : transformer son bidonville d'El Poso en une communauté autonome, avec l'aide d'une armée de putes, de trafiquants et de voleurs...
Dans ce roman intense, Gabriela Cabezon Càmara réussit à exprimer l'épopée cachée de tant de vies anonymes qui, défiant la logique imposée par l'ordre établi, inventent de nouvelles façons de vivre, en couple, en famille et en communauté.
Ça commence comme ça :
" Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu'est la vie. C'est là-bas sur l'île que je me suis mise à l'aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d'argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu'on serait en Argentine. Mes pensées n'étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l'amas de déchets que la marée abandonne lorsqu'elle se retire après avoir beaucoup monté."
Un roman foutraque, joyeux, rythmé, trash, tellement latino !
Une langue d'une fantaisie folle qui vous plonge dans la misère d'un bidonville et ses luttes, sans aucun misérabilisme.
Décidément une autrice à suivre.
" Pure matière affolée de hasard, voilà, pensais-je, ce qu'est la vie. C'est là-bas sur l'île que je me suis mise à l'aphorisme, presque à poil, sans une seule de mes affaires, pas même un ordinateur, à peine un peu d'argent et des cartes de crédit que je ne pouvais pas utiliser tant qu'on serait en Argentine. Mes pensées n'étaient que choses pourries, bouts de bois, bouteilles, tas de branchages, préservatifs usagés, morceaux de quai, poupées sans têtes, le reflet de l'amas de déchets que la marée abandonne lorsqu'elle se retire après avoir beaucoup monté."
Un roman foutraque, joyeux, rythmé, trash, tellement latino !
Une langue d'une fantaisie folle qui vous plonge dans la misère d'un bidonville et ses luttes, sans aucun misérabilisme.
Décidément une autrice à suivre.